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Depuis des années, Claude Mathey délimite un
territoire personnel très étonnant. Son œuvre
est le fruit d’un imaginaire grinçant et d’une
naïveté enfantine. Ses peintures ou tableaux-reliefs
sont habités de personnages faits de boîtes compressées,
de tissus chiffonnés et autres assemblages détournés.
Il y a là des baigneuses pensives, des diablotins hilares,
des familles énigmatiques accompagnées d’un
bestiaire insolite. Tous ces êtres sont là ébahis
et semblent venir d’ailleurs pour nous raconter une
histoire.
Ils sont étranges : les yeux écarquillés,
la bouche proéminente, les têtes démesurées,
arrondies, aplaties, tracées et façonnées
dans des matériaux récupérés.
De presque rien, ils prennent vie et s’amusent pour
nous dévoiler la tragi-comédie de notre quotidien.
Entre ses pinceaux et ses objets amassés, Claude Mathey
vit au milieu de ce théâtre, détournant
les représentations machinales du monde, et inventant
des contes peints. Elle transforme ainsi l’art du dérisoire
en œuvre poétique.
ŒUVRES
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